• Trio endiablĂ© Ă  la manière d'un vaudeville, 
  • Une chanteuse provocante, trois musiciens dĂ©jantĂ©s, des textes drĂ´les et percutants, voilĂ  la recette de ce spectacle vivifiant et fantaisiste ! Ils puis en tournĂ©e en France.
  • Trois comĂ©diennes-chanteuses-musiciennes proposent une fantaisie musicale mĂŞlant glamour, drĂ´lerie, folie et Ă©motion…
  • Les musiciens participent pleinement au spectacle, ce qui n’ôte rien au charme de cette version actualisĂ©e du <i>Mariage de Figaro</i>.
  • Tout commence avec une petite fille de 13 ans, abandonnĂ©e dans un train et qui porte, inscrits autour du cou, son nom et une destination : New York.


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L'Empereur d'Atlantis
La Croix-Rousse (LYON)
de Viktor Ullmann, Petr Kien
Direction musicale de Jean-Michaël Lavoie, Richard Brunel
Avec Christian Miedl (baryton), Stephen Owen (basse), Lucy Schaufer (alto-mezzo soprano), Rui Dos Santos (ténor), Ivi Karnezi (soprano), Baptiste Mouret (basse), Orchestre de l'Opéra de Lyon, Catherine Puertolas (flûte), Frédéric Tardy (hautbois), Sandrine Pastor (clarinette), Sergio Menozzi (saxophone), Pascal Geay (trompette), Guillaume Séré, Yi-Ping Yang (percussions), Futaba Oki, Agnès Melchior (claviers), Bruno Simon (guitare / banjo), Kazimierz Olechowski, Karol Miczka (violons), Daniel Formentelli (alto), Ewa Miecznikowska (violoncelle), Cédric Carlier (contrebasse)

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 12/02/2013
au 17/02/2013

Mardi, mercredi, jeudi, samedi Ă  20h, dimanche Ă  15h.
La Croix-Rousse
Place Joannès-Ambre
69004 LYON
Réservations :
04 72 07 49 49
Site Internet
Avant toute critique, il faut replacer l’œuvre dans son contexte historique. Cet opĂ©ra de Viktor Ullmann, compositeur tchèque, Ă©lève d'Arnold Schœnberg, a Ă©tĂ© composĂ© dans le camp de Terezin oĂą il avait Ă©tĂ© dĂ©portĂ© par les nazis. LĂ , aussi surprenant que cela puisse paraĂ®tre, Ă©taient rassemblĂ©s de nombreux artistes, qui participaient Ă  la crĂ©ation d'une vie musicale de très haute qualitĂ©. C’est dans ce cadre qu’est nĂ© L’Empereur d’Atlantis, dont la fable a Ă©tĂ© imaginĂ©e par le librettiste Petr Kien, un autre dĂ©portĂ©. L’histoire, qui se dĂ©roule dans une contrĂ©e imaginaire, Atlantide, oĂą la Mort dĂ©passĂ©e par les prouesses criminelles de l’Empereur Overall, refuse dĂ©sormais de lui prĂŞter ses services, fait donc sans cesse allusion au rĂ©gime hitlĂ©rien. L’œuvre fut longuement rĂ©pĂ©tĂ©e Ă  Terezin, avant d'ĂŞtre interdite de crĂ©ation. Viktor Ullmann et Petr Kien moururent dans une chambre Ă  gaz d'Auschwitz le 18 octobre 1944. Et c’est seulement en 1975 que l’opĂ©ra fut crĂ©Ă© Ă  Amsterdam.

Aujourd’hui, Richard Brunel, directeur du Centre dramatique national de Valence, le porte Ă  la scène avec la complicitĂ© de l’OpĂ©ra de Lyon. Il opte pour une mise en scène très théâtrale, dans laquelle musiciens et comĂ©diens cohabitent dans le mĂŞme espace scĂ©nique. Les premiers participent ainsi pleinement au jeu, se dĂ©plaçant mĂŞme au cours de la reprĂ©sentation, ce qui dynamise la mise en scène, tout en faisant sens au sein de la fiction. Les instruments bien visibles sur le plateau, ainsi que les voilages noirs qui crĂ©ent un jeu sur le montrĂ©-cachĂ© et sĂ©parent l’espace en deux, contribuent Ă  la beautĂ© de la scĂ©nographie. Tous les effets qui s’y ajoutent sont simples, mais fĂ©eriques, Ă  l’instar la neige qui tombe soudain sur les protagonistes. C’est donc un bel opĂ©ra, un beau conte aussi, qui montre comment les hommes peuvent devenir des monstres, au point de concurrencer la Mort elle-mĂŞme. La rĂ©flexion sur la vanitĂ© de l’Homme, sur l’horreur des rĂ©gimes totalitaires et sur l’absurditĂ© de la guerre est ainsi au cœur de l’intrigue. Tout serait parfait si la musique, classĂ©e Ă  la confluence de Kurt Weill, Gustav Malher, Bach, Schœnberg, Mendelssohn et Joseph Suk, de la polyphonie et du jazz, n’était pas aussi dissonante. Jamais, ou rarement, les voix et l’orchestre sont Ă  l’unisson ; la musique ne nous Ă©meut pas, faute de cette harmonie qui caractĂ©rise les grands moments d’opĂ©ra. Le texte chantĂ© en allemand, langue du livret, contribue Ă©galement Ă  nous laisser hermĂ©tiques Ă  la partition. Mais c’est un sentiment très personnel, qui n’enlève rien Ă  la qualitĂ© de l’ensemble.

Quand on sait qu’Ullmann, pressentant son dĂ©part vers Auschwitz en octobre 1944, confia les manuscrits de ses œuvres Ă  un autre prisonnier, Emil Utitz, le priant, s’il ne revenait pas, de les donner Ă  Hans-GĂĽnther Adler, un ami pragois, chez le fils duquel le chef d’orchestre britannique Kerry Woodward trouva en 1972 la partition de cette œuvre "empreinte d’humanisme et de tragĂ©die, qui fait rĂ©fĂ©rence Ă  la mort en tant que libĂ©ration et paradoxalement Ă  la Commedia dell’arte en tant que dĂ©sespoir", qu’il porta Ă  la scène pour la première fois Ă  Amsterdam trois ans plus tard, on se dit que le Destin y est pour quelque chose, qu’il fallait que cet opĂ©ra soit vu et que la Mort a bel et bien Ă©tĂ© neutralisĂ©e par ses auteurs.
Mis à jour le 15/02/2013
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